palabre

Bienvenue sur mon blog

19 mai, 2009

La Galaxie Tazartché

Classé dans : Satire — palabre @ 16:22
       
Écrit par Zak (OPINIONS N° 78)   
Lundi, 18 Mai 2009 18:27

President TandjaDe plus en plus, depuis le top départ donné par le Président de la République à l’occasion de la visite au Niger du Président français Nicolas Sarkozy, le 29 mars dernier, les masques tombent les uns après les autres, laissant ainsi laissant apparaître, dans toute leur nudité, au grand jour, des individus qui se drapaient du vernis de la démocratie. En effet, dans le principe, il n’existe aujourd’hui au Niger que deux positions, antinomiques au demeurant, face aux menaces qui pèsent lourdement sur le processus démocratique de notre pays : l’anti-tazarché et les adeptes du tazarché ! Toute autre position n’est que louvoiement, équilibrisme pour rejoindre en fin de compte le camp du Tazarché, conformément à l’adage populaire selon lequel, ‘’tout ce qui rôde autour de la maison, finit par y entrer’’ !

Si pendant toute l’année 2008, devant le mutisme du chef de l’Etat, les adeptes du Tazarché avaient peur de se découvrir, craignant manifestement le retour de manivelle, aujourd’hui, plus que jamais, on peut mettre un nom sur chaque visage, on peut explorer, grâce aux percées de la méthode psychanalytique, explorer le subconscient de chacun de ces tazarchistes pour y découvrir les motivations profondes, les intérêts cachés qui l’ont conduit à embrasser la religion tazarché, la violation de la Constitution. Tous ces adeptes du tazarché forment une galaxie, c’est-à-dire un système tournant autour d’une idée centrale qui est devenue leur univers et qui consiste en la violation flagrante de la Constitution.

 Evidemment, vous serez surpris de constater qu’aucune démarche juridique, frappée du sceau de la raison, bref rien d’intellectualiste ne caractérise l’entreprise tazarché; Tout l’argumentaire, au demeurant simpliste et simplet, des tazarchistes se réduit : ‘’il faut trouver un moyen pour permettre au Président Tandja de continuer pendant trois ans pour terminer ses chantiers’’ ! Comme vous le voyez, aucune rationalité découlant de notre Loi fondamentale ne guide les promoteurs du tazarché. En réalité, plus que les chantiers du Président de la République, c’est leurs propres chantiers qui leur tiennent tant à coeur ! Or la finition de ces chantiers (leurs propres chantiers) ne dépend que de leurs positions actuelles qu’ils occupent, n’ont pas sur la base d’un quelconque mérite, mais uniquement en raison des affinités de tous ordres qu’ils ont avec le pouvoir actuel !

Voila donc ce qui explique leur angoisse en cette fin de règne, et leur débauche d’énergie à plonger le Niger dans un désastre incommensurable à travers le tazarche, un système politique bâtard, négation suprême de la démocratie et de la volonté populaire que symbolise la Constitution du 09 août 99. Les politologues nigériens et africains peineront longtemps pour trouver une appellation exacte à insérer dans leur lexique à propos de cette régression toute nigérienne, qu’est la prolongation d’un mandat présidentiel en dehors de tous cas de force majeure ! A présent, attardons nous un peu sur les différents astres qui voguent dans la galaxie tazarché. Chaque astre a sa raison d’être dans la galaxie tazarché et un rôle spécifique qui lui est destiné pour faire vivre l’ensemble du système. Prenez donc vos télescopes, chers lecteurs, pour un voyage au coeur de la galaxie tazarché.

Voyage au coeur d’une galaxie perdue ou découverte d’une rébellion ! Pour commencer, actualité oblige, faisons un zoom d’abord sur ceux que nous appellerons les Talibans du tazarché. Etymologiquement, le substantif taliban vient de talibé qui signifie écolier du Saint Coran. Mais aujourd’hui taliban désigne un étudiant en théologie islamique hirsute, barbu jusqu’à la poitrine, maniant très bien la Kalachnikov et les bombes à retardement, prêt à se faire kamikaze pour le triomphe d’idées obscurantistes. Chez nous les talibans du tazarché n’en sont pas moins des écoliers lorsqu’ils font l’exaltation d’un seul individu dont ils font la mesure de toutes choses. Ils infantilisent tout un peuple qu’ils rendent, à tort, orphelin par l’absence d’un seul homme. Pour eux, Tandja est l’alpha et l’oméga du Niger. Le président Tandja parti le 22 décembre 2009, le Niger cessera d’exister, telle est la croyance des talibans du tazarché.

Pour conjurer ce mauvais sort qui nous attend, ils décident de faire notre bonheur malgré nous : ils se répandent dans toutes les radios et télé pour psalmodier leurs cantiques de tazarché. Les talibans du tazarché sont des gens comme Ibrahim Hamidou, Directeur de Publication de Tribune du Peuple du temps de sa splendeur, aujourd’hui Tribune de tazarché en dégénérescence, Rabi Hima Yankori, l’ancienne égérie des femmes du Nassara, la brillante liquidatrice de la NITRA, l’inénarrable devant Dieu et les hommes Abdourahamane Hima, le tabar tabar ( c o n f u s i o n n i s t e ) ‘’politologue’’maison Abdoulaye Diallo Hassane, très actif du temps du Général Baré et bien d’autres auprès desquels nous nous excuserons, pour le moment, du tort que nous leur causons pour ne les avoir pas cité afin que leur maître sache qu’ils prient, qu’ils se dévouent.

Après donc les talibans du tazarché, vous avez une autre forme non moins visible de tazarché : c’est le tazarché managérial. En effet, le tazarché managérial se caractérise par une sorte de mutisme coupable, fait de bas calculs politiciens pour déterminer avec exactitude la direction du vent du bonheur. Le tazarchiste managérial se garde de se prononcer ni en faveur du tazarché, ni contre le tazarché. Il fait ses petits calculs au bout desquels il prendra sa décision ; le plus tard possible, histoire de monter les enchères. Celui qui incarne à la perfection le tazarché managérial au Niger est sans conteste Mahamane Ousmane alias Nafarko. En toute souveraineté, Mahamane Ousmane a décidé de ne pas … décider ! En attendant, il scrute l’horizon, abat ses cartes de tarots pour flairer dans quel sens vont souffler les vents du Sahel ; comme toujours.

Après Mahamane Ousmane, nous pouvons ranger dans cette catégorie de tazarchiste managérial le dinosaure Akoli Daouel, Président d’un microscopique parti, qui accuse un grand retard par rapport à notre Nafarko national dans cet attentisme pour être pris au sérieux, et qui déclarait, sans rire, au cours du Congrès de son amicale qu’il n’avait jamais entendu le Président Tandja solliciter le tazarché ! Hé ancien, il faut dire vérité dé ! Pas très loin, vogue l’astre des tazarchistes mous. Pour beaucoup ils sont tazarchistes, mais craignent de le manifester. Si on pouvait passer le tazarché à un vote à bulletins secrets, ce serait la joice pour eux ! Leurs partis s’étant ‘’groupuscularisés’’, leurs positions actuelles est plus que chancelan- tes. Les principaux représentants de ce courant sont Cheiffou Amadou du RSD Gaskiya et Hamid Algabit du RDP.

Toujours dans la galaxie tazarché, puisqu’il faut de tout pour faire un monde, vous avez les meccanos du tazarché. Leurs rôles consistent à trouver les bons lubrifiants pour huiler la mécanique qui risque à tout moment de s’enrayer dans ce sahel sablonneux et poussiéreux. Ils sont tazarchistes jusqu’aux bouts des doigts. Leurs particularités essentielles, ils occupent de hauts rangs et sont très proches du Président de la République. Ils ne le cachent guère ; pour cette caste de tazarchistes, les moyens justifient la fin ! Il s semblent oublier la triste fin d’un obscur Omar Idi Ango, qui, aujourd’hui, aux cérémonies de baptêmes ou de mariages se cache dans la foule, conscient qu’il représente une triste époque de la vie de ce pays ! Leur chef de file est le tout puissant Ministre de l’Intérieur, Albadé Abouba.

En décentralisant, vous avez ses symétries Yahaya Yendaka, gouverneur de Zinder et celui de Tahoua Zéty Maiga. Le gouverneur de Niamey, Tahirou Amadou, tombé en disgrâce pour l’échec retentissant de la manifestation pro tazarché à Niamey, cherche (le gouverneur) une réhabilitation en montrant du zèle dans la délivrance des autorisations de marches, interdisant celle de la Société Civile et autorisant celle de Anassara Dogari, qui envisage, clé à molettes à la main, à descendre dans la fosse des vidanges pour visser son lot de boulons lui aussi ! Sacré Tahirou, daragoï droug, il sait, je sais ! Dans la galaxie tazarché, on peut dénombrer également les intellectuels qui semblent avoir perdu le sens de la mesure et le sens du recul par rapport aux évènements qui sont la marque distinctive du bon intellectuel.

Dans cette catégorie, on peut ranger le socio politologue Souley Adji qui excelle dans des tentatives boiteuses d’explications et de légitimation du tazarché par la faute des autres ! Certaines positions de contorsionnistes finissent par faire ressembler au serpent, voyez-vous ! Toujours dans cette entreprise de rébellion que constitue le tazarché, il y’a aussi le tazarchiste stratégique. Sa position est en apparence contre le tazarché, mais méfiez-vous des eaux dormantes, car ce sont elles qui renferment les caïmans. A un examen attentif, vous découvrirez une prime au tazarché, car, pour lui, mieux vaut le tazarché que … l’opposition ! La chose pourrait paraître paradoxale, Nouhou Arzika, Président du Mouvement Citoyen, est le prototype même du tazarchiste stratégique, celui-là même qui a fait du respect de notre constitution son cheval de bataille.

Comme un bon élève de l’école primaire, il a littéralement bûché les 143 articles de la Constitution du 09 août 99. Mais au lieu que cette formidable mémorisation soit mise au service d’une bonne interprétation du texte constitutionnel, Nouhou Arzika se sera tout simplement spécialisé dans une lecture tronquée des dispositions de cette constitution en escamotant volontiers les exceptions fixées par l’article 49 à propos des conditions qui permettent au Président Tandja d’organiser un référendum ! Décevant sur toute la ligne, Nouhou Arzika dans sa confusion des genres, totalement obsédé par sa croisade contre l’Assemblée où siège l’opposition, a perdu toute crédibilité pour prétendre être un fervent défenseur de la Constitution de la démocratie et de l’Etat de droit. Triste destin.

La démocratie ne se défend point en réaction des fautes ou des erreurs supposées commises par l’autre, c’est un combat permanent de l’affirmation des principes. Ce combat ne saurait souffrir, en aucune manière, d’un subjectivisme de position nourri de réminiscence, mais c’est toujours une lutte perpétuelle pour le triomphe des valeurs communes. Toujours dans cette nomenklatura, vous avez également, ‘’les tazarché ou je meurs’’ ! Ce tazarché se spécifie par la foi inébranlable de cette catégorie d’individus pour qui le départ de Tandja en décembre 2009 signifierait pour eux la catastrophe suprême ! Ibrahim Foukori, administrateur délégué de la Nigelec en est l’exemple achevé. Pas très loin, sur le même étage, il y’a le monde des bagnards du tazarché en quête de réhabilitation.

Ils parlent doctement, se donnent l’impression d’être sérieux, ‘’conseillant’’ chacun et chacune que le Niger est en voie d’extinction sans le tazarché. ‘’Le brave’’ Jules Ouguet, l’ancien taulard de l’opération mains propres, est le porte-drapeau courageux de cette section du tazarché. Comme dans toute guerre, même celles qui sont vouées d’avance à l’échec, le tazarché a aussi son lot de soldats perdus, pataugeant d’une définition ubuesque de la violation de la constitution (changer la constitution ne signifie point la violer) à une interprétation d’une stupidité incommensurable, et qui certainement deviendra une légende ! Dans cette tranchée d’artilleurs perdue, vous avez ‘’le remarquable’’ Ben Omar, porte-parole du gouvernement, avocat défenseur du Tazarché ‘’sérieux’’.

Le ridicule le disputant au comique, Ben lui-même savait que le tout le Niger avait éclaté de rire, de Téra à Bilma, y compris les pensionnaires du Pavillon E de l’Hôpital de Niamey, après son show télévisé du vendredi dernier ! Sacré Ben ! Si les mécènes de Stockholm envisageaient un jour de délivrer un prix Nobel pour la comédie, très certainement que le Niger aurait un candidat imbattable en la personne de Ben Omar ! Enfin, pour clôturer la galaxie tazarché, vous avez, en bas de l’échelle, les Kabou kabou pour soulever la poussière et donner une semblant de mouvement au tazarché. La particularité du tazarché kabou kabou, c’est qu’ils se détachent de toutes formes intellectualistes pour se réduire au stade primaire de la chose, ramenant le tazarché à leur niveau, c’està- dire pas très loin de Katako ! Pour les kabou kabou du tazarché, point de Constitution, point de forfaiture, point de loi, il ‘’faut trouver un mécanisme pour permettre au Président de continuer son oeuvre de construction nationale’ !

C’est proprement insultant que de faire croire qu’aucun nigérien ne peut succéder au Président Tandja alors qu’il n’est qu’un simple humain, et que par conséquent, appelé à disparaître un jour. Dans tous les cas, ils savent qu’ils ne feront point le tazarché, mais qu’ils auront au moins émis … un bruit, et demain, en faisant l’addition, on ne saurait oublier de les retenir ! Ils ne sont même pas ridicules, ils sont surtout à plaindre profondément. Le dimanche 10 mai, ils étaient en attroupement sur la place Toumo, entourés par quelques curieux, intéressés de voir à quoi peut bien ressembler un kabou kabou du tazarché. De passage, quelqu’un nous demanda, qui était cette personne qui organisait un baptême sur la Place Toumo avec des hauts parleurs !

Décontenancé et ne sachant quoi répondre, votre serviteur se permis de lui répondre, amusé, que c’étaient Abdrouramane Hima, Dan Dubaï et Rabi Hima Yankori ! Voilà chers lecteurs, pour le moment du moins, l’essentiel des astres brillants qui forment la galaxie du tazarché dont le Président de la République en est le chef, comme disait le chef de l’opposition dans son meeting du 09 mai sur la Place de la Concertation. Ce sont-là les troupes que le Président Tandja compte engager dans cette aventure qui consiste en la violation de la Loi fondamentale pour s’éterniser au pouvoir comme tous les autocrates africains. Mais que peut une armée de fantassins face à la gigantesque marée humaine qui avait déferlé sur la Place de la Concertation à l’appel de Issoufou Mahamadou, Président du PNDS Tarayya , le samedi dernier? Rien, sauf la volonté de Dieu !

 

Langue de bois |
La Feuille Moissagaise |
Les Jeunes CDH Verviétois |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Services d’intérêt économiq...
| Le Blog-Notes d'Yves Baumul...
| RÉFLEXIONS D'UN CITOYEN