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22 mai, 2009

INTERVIEW EN EXCLUSIVITE DU PRESIDENT DU CONSEIL DES SAGES DE LA CEDEAO, Dr ABDUL FATTAU

Classé dans : Interview — palabre @ 16:33

 

   
Vendredi, 22 Mai 2009 10:22

TV Bonferey: Vous avez été reçus par le Président de la République, qu’est-ce qui ressort donc de votre entretien ?

Dr A. FATTAU : C’est les membres du conseil des sages de la CEDEAO qui se sont rendus à la présidence ; c’était une visite de courtoisie afin de lui parler des objectifs de notre séjour ici à Niamey, et pour aussi entendre le président, Son Excellence Mamadou Tandja, qui nous a entretenus de la situation actuelle au Niger avec les questions autour de la Constitution et autour des élections. Nous avons pris bonne note de toutes ces informations. Nous sommes présentement en session et nous allons analyser la situation au Niger et dans la sous région. Je crois que l’information que le Président Tandja nous a donnée va nous aider à formuler nos positions sur certaines questions, particulièrement sur le Niger. Il faut dire que nous avons aussi l’appréciation de spécialistes et des constitutionnalistes très pointus de ce pays. Après, c’est aux membres du Conseil des Sages de faire les recommandations qui s’imposent et ce, en rapport avec nos textes.

TV Bonferey: on dit que le Niger vit actuellement une crise avec la volonté du président de la République d’organiser un ré- férendum pour changer la Constitution du 09 août 99 pour aller à une Sixième République en cette année électorale ; est-ce que cela n’est pas contraire aux textes de la CEDEAO ?

Dr A. FATTAU : On peut dire oui, on peut dire non selon la situation ; ce que je peux vous dire c’est que tous les Etats membres de la CEDEAO ont signé le protocole additionnel de la CEDEAO qui comporte des éléments sur la convergence constitutionnelle en Afrique de l’Ouest. Dans ce protocole il y a la séparation des pouvoirs, quel doit être le rôle du Président de la République, le rôle du parlement, le rôle de l’armée, etc, et que doit-on faire en ce qui concerne la constitution. Ce protocole déclare la tolérance zéro contre toutes tentatives de déstabilisation du pouvoir ou alors contre tous artifices pour conserver le pouvoir par des voies non constitutionnelles.

Toujours dans ce protocole additionnel de bonne gouvernance, il est clairement spécifié que le Code électoral ne peut pas être modifié six mois avant la tenue des élections, sauf avec le consensus de toutes les parties prenantes. Alors, si vous ne pouvez pas modifier ni changer le Code électoral, qu’en est-il de la Constitution, quand on sait que le Code électoral émane de la Constitution ? Alors, pour la CEDEAO avec son protocole additionnel que le Niger a ratifié, on ne peut pas modifier la Constitution ; et si le référendum a eu droit au changement de la constitution ou son annulation c’est tout simplement la modification de la constitution, voilà l’interprétation, et c’est six mois avant, même avec ces six mois, si vous êtes entendus avec toutes les parties prenantes du pays, si l’ensemble de la classe politique est d’accord avec cette procédure, alors je crois que c’est cela l’objectif de notre séjour au Niger.

Si les membres du conseil de sage vont prendre leur position sur tous les cas qu’on n’a soulevés, ce n’est pas seulement le Niger, c’est une situation dans toute l’Afrique de l’Ouest et dans l’ensemble de ces pays on prendra des dispositions, notamment en Guinée Bissau et les autres pays où on vois les possibilités des conflits.

TV Bonferey: En cas de non respect de ces textes de la CEDEAO, qu’est ce que le Niger encourt ?

Dr A. FATTAU : Le Niger risque beaucoup, d’abord je dois vous dire une chose, le président Mamadou Tandja a été très bon leader de la CEDEAO ; le Niger a assuré la présidence due Conseil de Médiation et de Sécurité de la CEDEAO pendant deux ans, c’est sous ses conseils très précieux que nous avons réussi à résoudre des problèmes constitutionnels comme au Togo, en 2005, et dans d’autres pays. Je sais que le président Tandja ne va pas aller contre le protocole de la CEDEAO parce que cela va contredire ce qu’il a fait. Généralement parlant, si un pays rompt le Protocole de la CEDEAO, il y a tout un régime de sanctions qui lui est immédiatement applicable : on peut suspendre la participation du pays au sein de la CEDEAO en attendant que la Constitution soit restaurée ; on peut procéder à un blocage économique de ce pays c’està- dire un embargo économique.

La CEDEAO peut aussi saisir l’Union Africaine et l’Onu, pour qu’elles prennent des sanctions contre ce pays et ces sanctions peuvent être de toute nature, par exemple un embargo diplomatique, ou bien des sanctions personnalisées contre des officiels du régime ainsi que leurs familles, vous savez il y a beaucoup de moyens de rétorsions contre les Etats non démocratiques. Mais pour ma part, je ne crois pas qu’on va arriver à ces extrêmes, je pense que la société nigérienne est capable de surmonter cette crise, et surtout la raison et la sagesse primeront dans l’intérêt du Niger.

 

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